Qui suis-je?

Je suis né et j’ai grandi en région parisienne. Mes parents nous emmenaient régulièrement en vacances à la montagne avec mes trois frères, où ils nous ont initiés à la randonnée. Adolescent, je dois l’avouer : marcher m’ennuyait. Je ne mesurais pas encore la chance que j’avais de fouler ces sentiers, de respirer cet air pur. Pourtant, quelque chose de ces paysages, de ces silences, est resté en moi. C’est avec le temps que j’ai compris à quel point ces moments avaient semé les graines d’un ancrage profond. La montagne, d’abord subie, est devenue un refuge, puis une passion. Elle m’a appris la patience, l’humilité, et surtout, la beauté de se reconnecter à l’essentiel. 

Adolescent, j’ai vécu avec passion pour le handball, une discipline qui m’a appris la persévérance et l’esprit d’équipe. Une blessure a brutalement interrompu cette aventure sportive, mais elle m’a ouvert une autre porte : celle de la musique, et plus particulièrement du trombone à coulisse. Cet instrument, avec sa sonorité chaude et enveloppante, est devenu un exutoire, une façon d’exprimer ce que les mots ne pouvaient pas dire. En parallèle, la montagne continuait de m’appeler. Chaque année, je partais explorer ses paysages, en France ou à l’étranger, cherchant sans le savoir une forme de sens et de connexion.

Après des études d’urbanisme, j’ai été confronté à la réalité du marché du travail. Difficile de trouver ma place dans ce domaine. Alors, j’ai écouté cette petite voix qui me murmurait de retourner vers ce qui m’avait toujours apaisé : la montagne. À Risoul, où j’ai atterri pour une saison d’hiver, j’ai travaillé comme skiman dans un magasin de location. C’est là que j’ai croisé des accompagnateurs en montagne (AMM). J'ai compris qu'il était possible pour moi de devenir accompagnateur en montagne. Vivre à l’année à la montagne m’a permis de ressentir les rythmes des saisons, de m’imprégner de leur sagesse silencieuse. À 30 ans, après deux ans de formation, je suis devenu AMM. Un rêve qui prenait forme, mais aussi le début d’un chemin plus large.

Mes parents m’ont légué une quête de sens, une curiosité pour comprendre le monde et l’humain. Cette soif de compréhension m’a guidé vers des formations où le bien-être et la marche se mêlaient. Une rencontre décisive a eu lieu lors d’un stage de Qi Gong et marche : j’ai découvert une pratique qui résonnait en moi bien au-delà du physique. Sentir l’énergie circuler dans mes mains, aborder le corps et l’esprit comme un tout, a été une révélation. Le Qi Gong répondait à mon besoin de dépasser la réalité matérielle, d’explorer une dimension plus subtile de l’existence. J’ai enchaîné les stages, me formant auprès d’Antoine Epiphani, qui m’a orienté vers l’art du Chi, une école de Tai Chi. Pendant trois ans, j’ai plongé intensément dans cette discipline, jusqu’à ce qu’une séparation et l’incendie de mon appartement me poussent à tout quitter pour une année d’immersion totale dans un centre de Tai Chi. À la fin de cette année, j’en suis sorti enseignant.

Pourtant, vivre de ce métier d’AMM signifiait aussi accepter une vie nomade, en perpétuel mouvement. Si la montagne était mon refuge, elle était aussi, sans que je m’en rende compte, une façon de fuir les rencontres humaines. En enseignant le Tai Chi, j’ai réduit mes déplacements, cherchant une stabilité qui me manquait. Mais cette pratique, aussi enrichissante soit-elle, m’a isolé. En m’écoutant trop, je me suis coupé des autres. J’ai réalisé que ma quête de sens ne pouvait pas se faire en solitaire.

Le Tai Chi reste un pilier dans ma vie : une discipline qui me structure, un repère quotidien. Mais j’ai appris à en adoucir les contours, à m’ouvrir à d’autres expériences. Le chant, découvert à la fin de ma formation, a été une autre révélation. Chanter, c’est se dévoiler, exposer ses émotions sans filtre. Cette vulnérabilité m’a d’abord déstabilisé, avant de me procurer une joie profonde. Puis est venue l’apnée, une pratique qui m’a enseigné l’art de la détente, de la respiration, et surtout, de l’observation de mes pensées sans m’y identifier. Rester sous l’eau, c’est apprendre à accueillir l’inconfort sans le craindre, à distinguer la réalité des histoires que je me raconte.

Aujourd’hui, après dix ans à accompagner des groupes en randonnée, j’ai affiné ma manière d’être avec les autres. Mon calme, ma simplicité et ma sensibilité créent un espace où chacun peut se sentir à sa place. Ce qui me passionne le plus, c’est de transmettre des outils concrets pour marcher avec plus de confort et de présence. Le Tai Chi, le chant et l’apnée m’ont appris à écouter mon corps, à respirer, à être là — pleinement. La respiration, pour moi, est une porte vers le calme du mental et l’ouverture au monde.

Mon parcours est animé de convictions profondes, d'épreuves et de persévérance. Chaque étape m’a rapproché un peu plus de qui je suis : un homme en quête de connexion, avec lui-même, avec les autres, et avec ce qui nous entoure.



Mon rôle d’Accompagnateur en Montagne

Quand j’accompagne un groupe, j’aspire à incarner l’image d’un phare. Un point de repère dans le brouillard, une lumière rassurante quand la tempête gronde ou que la nuit tombe. La montagne, avec ses défis et ses beautés, peut parfois déstabiliser. Mon rôle n’est pas seulement de guider sur les sentiers, mais aussi d’offrir une présence stable, un espace où chacun peut avancer à son rythme, en confiance. Je ne suis pas là pour imposer une voie, mais pour éclairer le chemin, pour rappeler que même dans l’effort ou l’incertitude, il y a toujours une façon de trouver son équilibre. Comme un phare, je reste ancré, attentif aux besoins de chacun, prêt à adapter mon approche pour que le groupe avance en harmonie. La montagne nous confronte à nos limites, mais elle nous révèle aussi notre force. Mon souhait ? Que chaque personne reparte de nos randonnées avec un peu plus de clarté, de sérénité, et cette certitude : même dans l’obscurité, il y a toujours une lumière pour nous guider.

J'accompagne avec enthousiasme, humilité et joie. 
Je suis heureux de partager ce qui me met en mouvement et de cheminer, pas à pas, avec celles et ceux qui me font confiance.